Parenthèse : l’histoire d’une prison à ciel ouvert « J’ai le même sentiment qu’avant : j’ai peur de la pauvreté. Je ressens de l’inconfort, un pincement au cœur quand j’y suis confronté. Je les juge moins qu’avant, je les comprends mieux, mais c’est comme si on avait peur que ça nous contamine… »    - Pierre Côté   Chantal Gailloux Pierre Côté vit avec 592 $ par mois, l’équivalent du fameux chèque de « BS ». Une Parenthèse dans sa vie, qu’il dit, pour jouer pendant deux mois au cobaye – ou plutôt à l’assisté social – pour la télésérie documentaire sur la pauvreté, « Naufragés des villes ». Avec les contraintes que ça comprend, bien sûr : pas de carte de crédit, pas de voiture, pas de confort. Pas de marge de manœuvre.   Pierre a troqué sa vie douillette de consultant en marketing à Québec pour incarner un assisté social à Montréal. « Je [souhaitais] provoquer une cassure et voir ailleurs si je peux exister », explique Pierre, dans le livre qu’il a écrit sur son expérience, Parenthèse – deux mois d’errance urbaine. La cassure est profonde : « La seule issue pour survivre, c’est la résignation, qui est la mort de l’âme, je crois. On se sent comme dans une prison à ciel ouvert, pire encore que la vraie, parce que tout est accessible et que rien n’est possible », explique-t-il à L’Itinéraire. D’ailleurs, en mode privation, conditionnement et errance, Pierre a perdu 17 livres.   [ Lire l’article complet ] —> Publié dans L’Itinéraire du 15 mars 2011, Volume XVIII, n˙6, p.13.

Parenthèse : l’histoire d’une prison à ciel ouvert

« J’ai le même sentiment qu’avant : j’ai peur de la pauvreté. Je ressens de l’inconfort, un pincement au cœur quand j’y suis confronté. Je les juge moins qu’avant, je les comprends mieux, mais c’est comme si on avait peur que ça nous contamine… »    - Pierre Côté

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Chantal Gailloux


Pierre Côté vit avec 592 $ par mois, l’équivalent du fameux chèque de « BS ». Une Parenthèse dans sa vie, qu’il dit, pour jouer pendant deux mois au cobaye – ou plutôt à l’assisté social – pour la télésérie documentaire sur la pauvreté, « Naufragés des villes ». Avec les contraintes que ça comprend, bien sûr : pas de carte de crédit, pas de voiture, pas de confort. Pas de marge de manœuvre.

 

Pierre a troqué sa vie douillette de consultant en marketing à Québec pour incarner un assisté social à Montréal. « Je [souhaitais] provoquer une cassure et voir ailleurs si je peux exister », explique Pierre, dans le livre qu’il a écrit sur son expérience, Parenthèse – deux mois d’errance urbaine. La cassure est profonde : « La seule issue pour survivre, c’est la résignation, qui est la mort de l’âme, je crois. On se sent comme dans une prison à ciel ouvert, pire encore que la vraie, parce que tout est accessible et que rien n’est possible », explique-t-il à L’Itinéraire. D’ailleurs, en mode privation, conditionnement et errance, Pierre a perdu 17 livres.
 


—> Publié dans L’Itinéraire du 15 mars 2011, Volume XVIII, n˙6, p.13.